De la distinction

On distingue généralement le patrimoine naturel et culturel, id est où la main de l’Homme a posé son grain de sel, voire ses terrasses comme en Lavaux. Mais si la vigne est affaire humaine, le vin en plus d’être divin est bien une histoire de comm1, qu’il s’agisse de commerce ou de communication.
D’ailleurs, c’est la classe dominante qui définit le mode de vie de son époque. Le ressort de la vie sociale repose dans la rivalité ostentatoire qui vise à exhiber une prospérité supérieure à celle de ces pairs4 : à défaut de montrer un statut social, un mode de vie ou une personnalité, au moins faire croire aux autres qu’on les possède. Le vin est un signe typique de distinction sociale, hérité du fétichisme de la marchandise auquel nous sacrifions avec entrain5 .
Philippe le Hardi ou vedette de gangsta rap, rien de tel qu’un bon prescripteur pour lancer allégrement un produit ou une marque. Après tout, qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse…
2 Roger Dion, Histoire de la vigne et du vin (1959).
3 Le Point/l’Histoire, Histoire (insolite) du Vin : de Bacchus à Pétrus, Hors-Série septembre-octobre 2012 pour une approche libérale.
4 L’indispensable lecture de Thorstein Bunde Veblen, Théorie de la classe de loisir (1899).
5 Isaak Roubine, Essais sur la théorie de la valeur de Marx (1928) ou chez Jean Baudrillard qui a développé le concept pour expliquer les sentiments subjectifs qu’éprouve le consommateur envers les biens de consommation ou comment la publicité donne l’illusion de s’approprier les vertus d’un produit par son achat.
6 Naomi Klein, No logo ! La tyrannie des marques (2000) pour un regard critique ou un affinement de sa propre stratégie marketing.